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La guerre est finie

Troisième trimestre 2002,
ISBN: 2-9515395-7-6,
60 pages,
12 €.

Deux recueils de poème: Pieds nus dans la neige, de Guy Faure et Le puits sans fond, de Luc Boussard viennent de voir le jour… Deux versants éditeur, qui n’a pas les yeux dans sa poche, ne laisse pas passer l’occasion et s’empresse de les regrouper sous le titre La guerre est finie, ce qui prouve bien qu’elle ne fait que commencer. Voici, à titre indicatif, un bref extrait de la préface d’Éric Grunewald et deux échantillons de poèmes.

Extrait de la préface

Par poèmes et illustrations interposées, ce dialogue entre deux poètes, autant hommes de la voie qu’hommes de lettres, prend racine dans la pratique commune de l’assise silencieuse et immobile (zazen) et chemine « autant en zig qu’en zag » à travers périls et merveilles par d’incessants allers-retours entre la nature intime de l’Homme et le monde du dehors, jusqu’à en abolir les frontières, rejetées, abandonnées.
Le paysage intérieur se fond alors dans la réalité extérieure en y trouvant un troublant écho, et la poésie se fraye un chemin à travers les cités babyloniennes, les rivages et les récifs, les pics et les cîmes embrumées, les forêts d’arbres morts et les grandes étendues neigeuses.

Extrait de Pieds nus dans la neige

Le ciel gris déversait ses nuages
dans la pénombre des rues.
Secoués, traversés par des éclairs couleur de feu,
ils coulaient à cent à l’heure
dans l’air immobile et moite.
Les néons humides frémissaient rouges, blancs, jaunes
et se reflétaient dans nos yeux émerveillés, effrayés aussi…
Tout petits, mais on était là,
respirant le chien-loup du monde,
juste humains, simplement…
L’amour, dans nos poitrines euphoriques vibrait
et ressemblait à ce ciel.
On était comme des p’tits miroirs
reflétant ce ciel de folie…

Extrait de Le puits sans fond

Voyez cet homme qui titube
dans le halo des réverbères,
lentement,
le regard abîmé,
un râle au fond de la gorge.
La réalité
déploie pour lui
ses arcanes,
la lumière des galaxies
s’irise
au prisme de ses rêves.